Que faire en cas de démission du syndic de copropriété ?

démission du syndic de copropriété

Dans une copropriété, le syndic joue un rôle essentiel. Représentant du syndicat de copropriétaires, ce dernier assure en effet la gestion administrative et financière de la copropriété. De ce fait, diverses dispositions légales sont destinées à encadrer son activité, dont la durée de son mandat. Malheureusement, une démission du syndic peut tout de même intervenir avant la fin du mandat de ce dernier. Quand cela arrive, il est important de réagir promptement et de prendre les décisions appropriées pour garantir le bon fonctionnement de l’immeuble.

Démission du syndic : quelle est la procédure légale ?

Bien que la loi ait prévue plusieurs dispositifs afin d’éviter les démissions de syndic en cours de mandat, rien ne les empêche totalement. Pour une raison ou une autre, votre syndic de copropriété peut démissionner. Mais pour que cette démission soit recevable, l’intéressé doit respecter la procédure suivante.

La présentation d’un préavis

La loi du 10 juillet 1965 encadre les obligations du syndic envers la copropriété. Elle permet notamment d’éviter les démissions « brusques » du syndic. De plus, la loi no 2014-366 du 24 mars 2014, dite loi ALUR (accès au logement et un urbanisme rénové) renforce celle de 1965. Elle permet d’éviter toute forme de chantage à la démission de la part du syndic.

Pour cela, cette loi impose au syndic d’avertir le conseil syndical au moins 3 mois à l’avance. Il faut toutefois préciser que cette durée a été réduite par le Décret n° 2020-834 du 2 juillet 2020, prise en application de la loi ELAN du 23 novembre 2018. Ainsi, pour résilier un contrat conclu après le 2 juillet 2020, le syndic doit respecter un délai de préavis de 2 mois.

Au lieu de rompre son contrat, un syndic de copropriété peut simplement attendre l’échéance du mandat en cours et s’opposer à un renouvellement. Dans tous les cas, il doit tenir informé le conseil syndical de son intention au plus tard trois mois avant une nouvelle assemblée générale. Cette dernière permet de voter la décision de rompre le contrat du syndic en cours.

La date de la fin de contrat doit aussi être définie. Cette procédure s’effectue donc généralement à l’amiable entre les deux parties.

La convocation d’une assemblée

Le syndic démissionnaire doit convoquer une AG (Assemblée générale) au plus tard deux mois après avoir présenté son préavis. L’objectif de cette AG est de prévenir l’ensemble des copropriétaires de sa démission. La question de la nomination d’un nouveau syndic doit alors être inscrite à l’ordre du jour.

Si le syndic ne convoque pas d’AG, les copropriétaires peuvent faire appel au Tribunal de Grande Instance. Ils peuvent aussi désigner un administrateur transitoire qui aura pour rôle de réunir l’AG. Par ailleurs, il est nécessaire que le démissionnaire précise clairement la ou les inexécutions reprochées au syndicat des copropriétaires.

Que faire après la démission du syndic ?

Naturellement, en cas de démission d’un syndic de propriété, celui-ci doit être remplacé au plus vite. Voici la procédure à suivre dans ce cadre.

La recherche d’un nouveau syndic

Au cours de la période de préavis, le conseil syndical ne doit pas rester passif. Il doit lancer sans plus tarder une recherche pour trouver un nouveau syndic de copropriété. Il faut rappeler qu’une copropriété ne doit pas rester longtemps sans syndic. Cela peut affecter son fonctionnement.

Dans ce cadre, la loi permet au syndicat de copropriété de prendre un syndic professionnel ou un syndic non professionnel. Dans le premier cas, il s’agit de faire appel à une société externe en échange d’honoraires. Dans le second cas, il peut s’agir d’un syndic bénévole (un copropriétaire élu) ou d’un syndic coopératif. La gestion est alors confiée au conseil syndical.

La transmission des documents de gestion

Il s’agit de la dernière étape qui officialise la démission d’un syndic. Les nouvelles dispositions légales en vigueur facilitent cette transition. L’ancien syndic doit nécessairement transmettre tous les éléments et toutes les informations dont il dispose concernant la gestion administrative et comptable de la copropriété au nouveau syndic.

Il s’agit notamment de :

  • La situation de la trésorerie ;
  • Les archives et documents  administratifs ;
  • Les coordonnées bancaires ;
  • Les références des comptes bancaires ;
  • L’ensemble du contenu de l’extranet ;
  • L’état des comptes des copropriétaires et du syndicat.

Cette transmission est indispensable pour permettre au nouveau syndic d’accomplir pleinement ses fonctions.

Comment éviter une autre démission du syndic ?

Pour éviter une nouvelle démission de syndic, le conseil syndical ainsi que l’ensemble des copropriétaires doivent poser certains actes. Le premier et le plus important concerne la mise en place d’une relation de confiance et de sincérité avec le nouveau syndic. De ce fait, il est utile de l’informer des raisons de la démission de l’ancien syndic.

Vous évitez ainsi qu’une situation inconfortable ne se réédite. Aussi, il est important de bien choisir son syndic. À cet effet, il est notamment recommandé de privilégier un syndic professionnel à un syndic bénévole.

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